Trouver chaussure à son pied

Je vous propose de nous intéresser dans cet article à un attribut incontournable de notre vie quotidienne: la chaussure.

Se pose tout d’abord la question rituelle: « est-ce un vrai besoin? », et comme je n’ai ni de la corne sous les pieds pour marcher sur tous les terrains ni des griffes pour me stabiliser, la réponse est « oui », sans hésiter, d’autant que la paire en cours d’utilisation est en piètre état.

Je me lance alors, en ce début 2013 (pas d’erreur, c’est un retour dans le passé) , dans une mission d’achat réfléchi d’une paire de godasses.

Les caractéristiques du produit recherché

Malgré mon âge avancé, flirtant avec la trentaine, je n’ai pas encore basculé dans le monde du soulier de ville, d’autant que mon environnement professionnel ne m’impose pas de « dress code » particulier.
Je recherche un compromis classe mais confortable, chic mais résistant. A noter que je n’ai pas l’habitude de mettre plus de 50 – 60 euros dans une paire de pompes (qui en général ont une durée de vie d’un an à un an et demi).

Eléments de contexte sur le marché mondial et la place du marché français

Au préalable, il est utile de rappeler que l’industrie de la chaussure est une activité traditionnelle en France, comprenant tous types de chaussures, de l’usage courant à la chaussure de luxe. Mais ce secteur est en cruelle perte de vitesse depuis vingt ans, écrasé par la concurrence de l’Afrique du Nord, des pays de l’Est, et bien entendu de la Chine.

Un rapide point au passage sur l’économie mondialo-chinoise de la chaussure : en 2009, la Chine produit 56 % de la chaussure mondiale et compte 20 000 entreprises de fabrication de chaussures qui emploient directement 3,5 millions de personnes pour fabriquer 10,6 milliards de paires de chaussures chaque année. La Chine exporte 80 % de sa production pour un montant de 24,5 milliards de dollars, essentiellement vers États-Unis et l’Union Européenne.

A la recherche du soulier sacré 

Pas particulièrement connaisseur en la matière, et fréquentant habituellement des magasins plutôt « entrée de gamme » comme Besson chaussures, je commence par tenter d’identifier les fabricants de chaussures rentrant dans les critères.

Plusieurs fabricants sortent rapidement du lot : Veja, Pikolinos, Kost, El Naturalista, Made in Romans. Pour certains la fabrication est hexagonale (Kost – Maine-et-Loire, Made in Romans – Drôme), ou franco-brésilienne (Veja), pour les autres elle est espagnole (Pikolinos, El Naturalista).

Les différentes entreprises se différencient par leur crédo, leur signature, les valeurs auxquelles elles veulent être associées. Là où Kost se positionne plus sur un côté tendance, mais préoccupé par la qualité du produit, Made in Romans vante un savoir faire historique de la région, et une industrie pas totalement disparue qui permet de se fournir en cuir et le tanner dans un rayon de 20 km.

Veja se démarque par son approche écologique marquée et sa filière entièrement issue du commerce équitable, de la production du caoutchouc naturel  dans les forêts brésiliennes à la livraison de conteneurs dans le port du Havre.

Pikolinos et El Naturalista semblent être deux « gros » (toutes proportions gardées) du secteur de la chaussure écologique.

J’avance à pas de loup dans la recherche. Appréhender toutes ces façons de concevoir et fabriquer leurs produits sont essentielles pour moi, dans ma réflexion. Disons que ça me permet de constituer le dernier chapeau, la dernière boîte à chaussures, d’où sortiront mes futures grolles.

Mais revenons à la réalité, au pragmatisme et aux deux critères clés de cette recherche: l’esthétique et le prix!
Je me fais à l’idée que, pour le meilleur de ma voûte plantaire, je devrai nécessairement augmenter mon budget.

Pikolinos et El Naturalista se démarquent par des collections fournies, des modèles variés et de nombreux coloris.  On touche au but.

J’accorde une importance particulière aux caractéristiques écologiques du deuxième cité: caoutchouc naturel et liège recyclé pour la semelle, peaux provenant d’animaux qui ont été élevés à des fins alimentaires, microfibre fabriquée sans émission de CO2 et ne contenant pas de plastiques, etc. sont autant d’arguments qui vont dans le sens d’une offre au chausse-pied.

On me souffle qu’une partie des chaussures est fabriquée dans la région espagnole de la Rioja et l’autre partie à Tanger au Maroc. Mais les engagements sur la responsabilité sociale de l’entreprise El Naturalista me rassurent.

Bref, les modèles me plaisent, l’entreprise et la méthode de fabrication aussi.

J’ai d’abord opté pour un modèle taillé pour les saisons fraîches (Andaluz), que j’ai pu trouver et essayer en magasin, chez Altermundi à Paris, qui distribue la marque et propose des produits étiquetés « commerce responsable »:

naturalista - chaussures hautes

Prix: 115 € (promo en boutique)

Puis, je me suis fait offrir une seconde paire, quelques mois plus tard, celle-ci configurée pour les températures plus élevées (El Viajero):

Naturalista - chaussures basses

Prix: 119 €

Connaissant déjà ma pointure pour cette marque, l’achat a été fait par internet sur un site de e-commerce populaire.

Conclusion et avis post-utilisation

J’ai trouvé de quoi habiller raisonnablement mes petons. Inévitablement, le budget a été revu à la hausse, se situant autour de 115 € par paire.

Les deux paires me donnent satisfaction après quelques mois d’utilisation – avec toutefois quelques jours d’adaptation, souples pour les légères, chaudes pour les semi-hautes. Le cuir est de bonne qualité, la semelle également. Il reste à voir si l’augmentation de la durée de vie compense le surcoût à l’achat.

Ces quelques heures de recherche m’ont donc conduit vers l’Espagne. Et à partir des informations collectées sur le produit et l’entreprise, je pense avoir trouvé chaussure à mon pied.

Hasta luego

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